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Le monde change

Alimentation et effet de serre

Impact de l'alimentation sur la planète


Lorsqu'il s'agit de diminuer les émissions des GES* qui réchauffent la planète, la nourriture que nous consommons est aussi importante que la voiture que nous conduisons.

En effet notre alimentation a un impact sur l'atmosphère de la planète.Certaines nourritures demandent un traitement industriel plus polluant que d'autres. La production industrielle de nourriture consomme des carburants fossiles et engendre de nombreuses émissions...

Le coût écologique de notre alimentation est élevé : il y a environ 2 fois et demie plus de gaz à effet de serre dans nos aliments que derrière le pot d'échappement de notre voiture.



Emissions de GES* liées à la production d'un kg de nourriture, avec une discrimination par gaz.

La viande s'entend avec os (il s'agit "d'équivalent carcasse") mais sans traitement de l'industrie agroalimentaire ni emballages ni transports.

Comparaison, des émissions correspondant à 100 km en voiture moyenne et en itinéraire mixte (barre de droite)

Source : Jancovici/Ademe, Bilan Carbone, 2006





La viande


Malgré la baisse de la consommation de viande dans les pays industrialisés, la consommation mondiale est en augmentation.

En 2004, au niveau mondial, 258 millions de tonnes de viande ont été produites.

Pour le compte de l'Ademe, l'expert Jean-Marc Jancovici a chiffré l'impact du régime carnivore sur l'effet de serre. Le kilo de viande de veau équivaut à un trajet automobile de 220 km, l'agneau de lait, 180 km, Le bœuf, 70 km et le porc, 30 km.


Les conséquences écologiques au niveau mondial sont importantes :

- A a place d'1 kg de viande, il serait possible dans un même laps de temps et pour une même surface de sol de cultiver 200 kg de tomates ou 160 kg de pommes de terre,

- Avec la quantité d'eau nécessaire pour produire 1 kg de viande, nous pourrions nous doucher quotidiennement pendant 1 an,

- De plus en plus de céréales et légumineuses sont destinées à nourrir les animaux de boucherie

- L'élevage du bétail produit plus d'une centaine de millions de tonnes de gaz de méthane*annuellement. L'effet est d'autant plus désastreux que l'on sait qu'une molécule de méthane contribue 25 fois plus à l'effet de serre qu'une molécule de CO2.


Enfin, les épandages et autres déjections, conséquences des élevages intensifs d'animaux, sont responsables de la pollution des eaux, de la sur-acidification du sol, des pluies acides (ammoniac et nitrate d'azote).


Fruits et Légumes


Quelle est la distance parcourue par les aliments avant d'arriver dans nos assiettes ?

S'il est agréable de trouver à longueur d'année pratiquement toute sorte de fruits et légumes sur les étals des marchands, le coût énergétique de leur transport est bien souvent oublié.

Un fruit importé hors saison par avion consomme pour son transport 10 à 20 fois plus de pétrole que le même fruit produit localement et acheté en saison.

Avoir le plaisir de déguster des fraises en hiver ou des fruits exotiques tels que les ananas, litchis ou mangues, a un prix. Ces marchandises acheminées par avion parcourent bien souvent plusieurs milliers de kilomètres, si bien que le pétrole représente plus d'un tiers de leur prix.

Au-delà de l'aspect économique, il est important de prendre en considération l'impact environnemental du transport de ces produits alimentaires. Une telle consommation de carburant contribue amplement à l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre.

Dès lors, choisir nos aliments en tenant compte des saisons est un geste au quotidien qui permet de réduire notre empreinte écologique.

Quels aliments pour quelle saison ?
(Visualiser ou télécharger le calendrier des fruits et légumes de saison en cliquant ci-dessous, source : www.consodurable.org)





Le poisson


Outre l'impact de l'alimentation en termes de consommation d'énergie et d'émissions de GES*, l'exemple tragique du poisson illustre le danger d'une production alimentaire de masse sur la biodiversité.

La demande mondiale de poisson, en particulier des pays industrialisés est en constante augmentation. L'intensification de la pêche et du commerce international du poisson qui en découle, ont considérablement appauvri les stocks existants.

La production halieutique mondiale qui approchait 20 millions de tonnes en 1950, est aujourd'hui cinq fois plus élevée, elle a atteint en 2002 le chiffre record de 133 millions de tonnes.

Aujourd'hui, tous les types d'espèces sont touchés par la surexploitation : la morue, le merlu, l'églefin, mais également l'espadon, la crevette ou encore le thon rouge. Selon l'IUCN, 20% des espèces de poissons seraient ainsi menacées d'extinction.

Les régions les plus touchées sont notamment l'Atlantique du Nord-Est, la Méditerranée et la mer Noire, suivies de l'Atlantique du Nord-Ouest, de l'Atlantique du Sud-est, du Pacifique du Sud-est et de l'Océan austral.

En moyenne, chaque année, 54 Mt sont destinés à la consommation humaine,
30 Mt de petits poissons sont transformés en farine pour la consommation animale,
30 autres Mt sont rejetés parce qu'ils ne correspondent aux critères.



Conclusion


Réchauffement de la planète, pollution, danger pour la biodiversité, comment inverser la donne ?

A commencer par une large information du public quant aux coûts énergétiques de l'alimentation.

Mais c'est sans doute en changeant nos habitudes alimentaires que nous pouvons contribuer le plus facilement et le plus rapidement à diminuer notre contribution à l'effet de serre.

Le changement prioritaire étant de réduire notre consommation de viande rouge et plus particulièrement de veau et d'agneau : manger 1kg d'agneau ou de veau contribue autant à l'effet de serre que parcourir 200 km avec une voiture moyenne !

Un geste simple et efficace : consommer les fruits et légumes de saison, produits localement !

En ce qui concerne le poisson, un effet collatéral de taille se greffe à tout cela : l'impact sur le milieu marin, sur la biodiversité. Pour parer à cela, le label MSC 'Marine Stewardship Council' garantit au consommateur un produit provenant d'une pêcherie gérée durablement, où les conditions de pêche ne menacent pas la reproduction de l'espèce.



Et aussi, aider les pays émergeants, dont la population est bien plus nombreuse, à « prendre le wagon en marche » afin d'éviter les phases de « sur-pollution » des pays dit développés dans les années 60.

D'aucuns même, dans une vision plus extrême, préconiseraient l'instauration d'une taxe sur la viande, à l'instar des pays anglo-saxons qui font d'ores et déjà des campagnes dans ce sens (http://www.taxmeat.com)


Lexique


GES : gaz à effet de serre
CO2 : dioxyde de carbone (sources anthropiques principales : Combustibles fossiles, déforestation)
NO2 : protoxyde d'azote (Engrais azotés, déforestation, biomasse)
CH4 : méthane, contribue 25 fois plus à l'effet de serre qu'une molécule de CO2 (Rizières, élevage, marais, combustibles fossiles)



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