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Le monde change

Développement durable & entreprise

Le 01/08/2006


Conférence du 23 juin 2006 - LE DEVELOPPEMENT DURABLE AU SEIN DES ORGANISATIONS : COMMENT CONCILIER ETHIQUE ET PERFORMANCE DE L'ENTREPRISE ?

Intervenants :

· BNP PARIBAS - Stanislas Chevalet, Directeur de l'efficacité opérationnelle du Groupe
· GROUPE BOUYGUES - Olivier Bouygues, Directeur Général délégué, en charge de la coordination de la politique développement durable du groupe
· VEOLIA - Pierre Parisot, Directeur des achats Groupe
· VIGEO GROUP - Nicole Notat, Présidente
Animation : Dan Vogel, Président de ENABLON



Un grand nombre d'entreprises ont aujourd'hui adapté leur système de management aux critères du développement durable, en particulier depuis l'adoption de la loi NRE (loi sur les nouvelles réglementations économiques) en 2002 selon laquelle, les entreprises du CAC 40 ont l'obligation de communiquer sur leurs impacts sociaux, sociétaux et environnementaux.
La prise en compte des critères du développement durable par une organisation suscite de nombreuses interrogations.
Comment intégrer et piloter le développement durable au sein d'une entreprise ? Qui sont les destinataires d'une telle politique ? Comment communiquer sur cette démarche ? Telles sont les questions abordées lors de cette conférence



Intégrer le développement durable au sein d'une entreprise



Intégrer le développement durable au sein d'une entreprise implique une prise en compte des critères aussi bien économiques que sociaux et environnementaux. Cette démarche se distingue de la prise en compte du seul critère économique dont les résultats sont mesurables sur un trimestre ou un semestre. Les effets d'une démarche développement durable, au contraire, doivent être mesurés sur une longue durée.
Le développement durable est aujourd'hui perçu comme une réelle démarche de management provenant du sommet de l'entreprise. Le comité de direction doit comprendre et définir ses objectifs en fonction de ses activités. Ainsi, dans le cadre du groupe Bouygues, « TF1 accentuera ses efforts sur le plan social tandis que Colas se fixera principalement des objectifs environnementaux » déclare Olivier Bouygues. Pour Stanislas Chevalet « en tant que banquier, l'objectif est de promouvoir et de financer les acteurs du développement durable tels que les associations de banlieue ».
Sa mise en place se réalise en plusieurs étapes. En premier lieu, une réflexion collective doit être adoptée afin de produire le plus d'idées possible sur ce qui peut être réalisé. Il convient ensuite d'approfondir le sujet, de cibler les enjeux, et enfin d'établir une feuille de route des actions à mener. En effet, selon Nicole Notat « les entreprises doivent bien fixer tous les objectifs, car elles pourraient être amenées à se justifier sur certains points ».




Les destinataires d'une politique de développement durable



Les destinataires d'une politique de développement durable sont les entités ayant un intérêt plus ou moins direct dans la vie de l'entreprise, autrement dit les parties prenantes. Parmi ces parties prenantes, on distingue les actionnaires qui sont directement intéressés par les résultats économiques de l'entreprise. Mais il est réducteur de penser que le développement durable n'est destiné qu'aux seuls actionnaires. Sont également concernés les salariés, fournisseurs, clients, ONG (Organisations Non Gouvernementales), riverains et collectivités locales.
Une attention toute particulière doit être portée aux fournisseurs, considérés comme des « parties prenantes passives ». Il est important de les auditer afin de mesurer leur respect des trois piliers du développement durable et éventuellement de les entraîner dans une démarche proactive.
Pour Olivier Bouygues, les fournisseurs sont les parties prenantes les plus difficiles à gérer, au même titre que les parties prenantes non contractuelles telles que les ONG ou des associations de riverains.



Comment piloter le développement durable ?



Le type de management dépend du mode d'organisation de l'entreprise. On observe dans certains cas la création de direction de développement durable, ou encore un rattachement de la fonction développement durable à une autre direction telle que la direction de la communication.
Quel que soit le cas de figure, il doit y avoir une symbiose entre le management général et le management du développement durable. Le management du développement durable permet d'améliorer l'activité de l'entreprise.




La communication du développement durable est-elle crédible ?



La communication du développement durable a beaucoup évolué. Il est possible de s'en rendre compte notamment à travers les rapports de développement durable. Au début, ces derniers n'étaient bien souvent que des rassemblements d'informations. Aujourd'hui, on observe une nette évolution, ils présentent davantage d'informations vérifiées par des experts. Seulement, communiquer davantage sur ses performances économiques, sociales et environnementales n'est pas pour autant un gage de crédibilité pour l'entreprise.
En premier lieu, une bonne compréhension interne des enjeux du développement durable est nécessaire. Il faut être sincère, être convaincu qu'une démarche de développement durable est source de progrès. Pour Olivier Bouygues, « une mauvaise communication du développement durable risque de nuire à l'image de l'entreprise ». Stanislas Chevalet confirme ce point de vue: « Il est préférable de ne pas aller trop loin, trop vite dans sa communication, mais privilégier la modération ».
Les engagements doivent être réels pour que la communication soit crédible. C'est dans l'intérêt de l'entreprise que va se jouer l'engagement dans le développement durable.
Enfin, il est nécessaire de revisiter son système de reporting pour constater l'évolution et les résultats de la politique de développement durable pour avoir une communication du développement durable crédible.



Au cours de ces dernières années, une part croissante d'organisations a adopté une démarche de développement durable. Ce phénomène a particulièrement pris de l'ampleur depuis 2002, date de l'adoption de la loi NRE, par laquelle les entreprises du CAC 40 se sont vues obligées de communiquer non seulement sur leurs performances économiques, mais également sociales et environnementales.

L'adoption d'une telle démarche et la communication qui en découle, peut présenter un risque pour une structure. Si la communication du développement durable ne reflète pas la réalité des engagements, et que celle-ci s'avère être une simple opération de communication, ou autrement dit du « greenwashing », alors les conséquences en termes d'image peuvent être très négatives pour une organisation.

Bien plus qu'une opération de communication, le développement durable doit être considéré comme une démarche de management. Ainsi, un tel engagement sera susceptible de contribuer non seulement à l'amélioration des performances économiques, sociales et environnementales d'une structure, mais également à son image.



En savoir plus

  • novethic.fr : Le développement durable dans la stratégie de l entreprise
  • ademe.fr : Le développement durable : Les entreprises
  • ademe.fr : Le management environnemental