
1. Taux de croissance du PIB par habitant
2. Emissions totales de gaz à effet de serre
3. Energies renouvelables
4. Consommation d'énergie totale des transports
5. Productivité des ressources
6. Evolution de la biodiversité
7. Gestion des ressources halieutiques
8. L'espérance de vie en bonne santé
9. Le taux de pauvreté monétaire
10. Taux d'emploi des 55-64 ANS
11. Aide publique au développement
France et Développement Durable, en progrès
En 2001, l'Union européenne inscrit le développement durable à son agenda politique et adopte une stratégie (Conseil européen de Göteborg) qui décline des objectifs et instaure un dispositif de suivi et d'évaluation biennale fondée sur un ensemble d'indicateurs élaborés par l'Office statistique européen (Eurostat) en concertation avec les États membres.
Cette stratégie européenne, révisée en 2006, a été évaluée (Measuring progress towards a more substainable Europe - 2007 monitoring report of the EU substainable development strategy) en 2007 sur la base d'une centaine d'indicateurs, dont 11 indicateurs « clés » illustrant les 10 thématiques du développement durable.
L'Insee a ainsi consacré, dans le dernier numéro de sa revue (L'Economie française, comptes et dossiers), un article sur ces 11 indicateurs « clés », et, selon l'Insee, la France fait mieux qu'en 2000 à une exception près - les prises de poissons au-dessus des seuils de précaution.
1. Taux de croissance du PIB par habitant
Indicateur de prospérité économique, il est inférieur en France par rapport à la moyenne européenne.
Entre 2000 et 2007, le PIB de la France par habitant a progressé en moyenne de 1,1% l'an, contre +1,6% dans l'UE à 15 et +1,8% dans l'UE à 27. Sur la seule année 2007, il a progressé de 1,3% en France contre +2,2% dans l'UE-15.
2. Emissions totales de gaz à effet de serre
Dans le cadre du protocole de Kyoto, la France s'est engagée à stabiliser ses émissions de gaz à effet de serre au niveau de 1990 à l'horizon 2008-2012. Objectif atteint en avance puisque les émissions étaient inférieures de 4 % à leur niveau de 1990.
Par contre, l'UE-15 qui doit baisser les émissions de 8%, prend du retard puisque, sur ces 15 ans (1990 - 2005), elles n'ont diminué que de 2%.
L'UE s'est engagée en 2007 à réduire ses émissions d'au moins 20% d'ici 2020 par rapport à 1990.
3. Energies renouvelables
En 2006, la France était en valeur absolue le second producteur européen d'énergies renouvelables, juste derrière l'Allemagne. Mais s'agissant de la part des énergies renouvelables dans la consommation totale, elle se situe dans la moyenne européenne et assez loin de sesobjectifs. Les énergies renouvelables ont couvert 7% de ses besoins énergétiques et 13% de sa consommation d'électricité en 2007, alors qu'elle vise 10% et 21% respectivement à l'horizon 2010. Pour l'UE-27,les énergies renouvelables couvraient en 2005 7% des besoins énergétiques et 14% des besoins en électricité, alors que les objectifs sont de respectivement 12% et 21% en 2010.
4. Consommation d'énergie totale des transports
La consommation d'énergie dans les secteurs des transports a évolué de concert avec le PIB jusqu'en 1999, en France comme en Europe. Mesurée par rapport au PIB avec une base 100 en 2000, elle était de 89,2% en France l'an dernier et de 97,1% dans l'UE-15.
5. Productivité des ressources
La stratégie de développement durable vise le découplage entre croissance économique et utilisation des ressources naturelles et matières premières. La productivité des ressources, en rapportant le PIB à la consommation intérieure de matières, donne un aperçu de ce découplage mais ne renseigne que partiellement sur les risques d'épuisement des ressources.
Mesurée en euro/kg, elle a été de 1,75 en France en 2004 contre 1,43 dans l'UE-15. Sur une plus longue période, elle a augmenté de près de 50% en 30 ans en France, grâce notamment au développement des activités de service et au développement du nucléaire. Entre 2000 et 2004, elle acrû d'environ 3,5% par an, contre 2,3% par an moyenne dans l'Europe à 15. Cependant, en 2004 la consommation intérieure de matières (13,5 tonnes/habitant) reste comparable à celle de 1970, et les importations ne sont pas comptabilisées dans la consommation intérieure.
6. Evolution de la biodiversité
La France a adopté en 2004 une stratégie nationale visant à stopper la perte de biodiversité d'ici 2010. L'avifaune constitue un bon marqueur des pressions opérées sur le milieu. Entre 1989 et 2007, les populations d'oiseaux communs de France métropolitaine (65 espèces prises en compte) sont en déclin de 18%, les plus touchées étant lesespèces qui fréquentent les milieux agricoles (-28%). En Europe, les évolutions observées entre 1990 et 2005 montrent un recul de 21% pour les espèces vivant en milieu agricole et de 10% pour les 123 autres espèces étudiées.
Sur une base e 1990 = 100, l'indice pour la France ressort ainsi à 82,5 en 2005, contre 78,8 dans l'UE-15.
7. Gestion des ressources halieutiques
En France, une évaluation de l'état de 53 stocks réalisée par l'Ifremer montre qu'environ 20% d'entre eux sont en bon état (sardine du Golfe de Gascogne, tourteau, bar...) et que 20% sont dans un état critique (dorade rose, anguille, sole, maquereau...). Les autres stocks analysés sont dans une situation intermédiaire.
Dans les zones de pêche de l'Atlantique Nord-Est gérées par l'UE, les poissons à forte valeur commerciale sont les plus menacés (cabillaud, merlan, lotte, carrelet, sole). En 2005, pour ces espèces, la moitié des captures était prélevée sur des stocks, en dehors des limites biologiques de sécurité.
8. L'espérance de vie en bonne santé
Elle rend compte de l'allongement de la durée de vie sans incapacité majeure. En France, en 2005, elle était de 64,3 ans pour les femmes et de 62,0 ans pour les hommes, des scores comparables à ceux des pays voisins mais un peu inférieurs à ceux des pays nordiques.
A la naissance, l'espérance de vie était de 77,3 ans pour les hommes et de 84,4 ans pour les femmes en France en 2006.
9. Le taux de pauvreté monétaire
Cet indicateur renseigne sur les inégalités de revenus, alors que le PIB évalue la prospérité économique moyenne. Il mesure la part de personnes dont le niveau de vie est inférieur à 60% du niveau de vie médian (le niveau de vie dépassé par la moitié de la population). La pauvreté ainsi définie touchait 13% des personnes en France en 2006, mais presque 30% des familles monoparentales. La moyenne européenne est, elle, de 16% mais avec des écarts importants : 12% en Suède et au Danemark, 19% au Royaume-Uni.
10. Taux d'emploi des 55-64 ANS
Il est considéré par Eurostat comme un levier pour limiter l'exclusion des "seniors" du marché du travail et diminuer le coût social de leur prise en charge. L'objectif est d'atteindre un taux d'emploi de 50% à l'horizon 2010. En France, le taux d'emploi des 55-64 ans est passé d'environ 30% en 2000 à 38,1% en 2006, mais il reste loin de la moyenne de l'UE-25 (43,5%).$
11. Aide publique au développement
Cet indicateur mesure l'importance de la solidarité effective des pays de l'UE à l'égard du reste du monde. En 2006, l'aide publique européenne représente 0,43% du revenu national brut de l'UE-15, supérieur à l'objectif collectif qui était de 0,39%. Le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne, les trois donateurs les plus importants en volume, y consacrent respectivement 0,51%, 0,47% et 0,36% de leur RNB. En France, la cible était de 0,56%.
(Source : Insee, Eurostat
Crédit photo : Nathalie Jouat )
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