Focus

Yann Eliès : cap sur la planète

Un marin recordman du tour du monde en 50 pieds s'engage pour défendre l'idée d'une mer plus propre. Avec Generali, il construit un bateau de 60 pieds (18,28 mètres) qui intègre les énergies renouvelables. Il se lancera dans le prochain Vendée Globe.



Pourquoi je m'engage



J'ai 32 ans.

32 ans, c'est très peu par rapport à l'âge de la planète. Et pourtant, au cours de ces années, j'ai pu constater une dégradation de mon environnement. L'île de Bréhat est un peu mon jardin. J'ai le souvenir d'une île où l'eau était propre et poissonneuse lorsque j'accompagnais mon père à la pêche.

Aujourd'hui, lorsque j'y emmène mes enfants, la faune y est moins nombreuse et les algues vertes étouffent une partie de la flore. Ces algues nocives à l'environnement sont la conséquence de rejets humains en phosphore et azote. Sous l'action du réchauffement de l'eau et de l'ensoleillement estival, ces algues viennent souiller nos plages. Je m'interroge donc sur la qualité du milieu marin que je vais laisser à mes enfants.

D'autre part, quand j'étais jeune la planète me paraissait immense et infinie. Après en avoir fait deux fois le tour en 64 puis 50 jours, sa taille me parait considérablement réduite ! J'ai l'impression que l'homme a colonisé chaque parcelle de terre sans se soucier des modifications qu'il apporte à son environnement.

Aujourd'hui il est temps que l'homme prenne conscience que la terre n'est pas si grande et qu'il doit modifier son comportement pour préserver ces richesses. Les marins portent sur notre planète un regard différent de celui des terriens. Notre sport se pratique dans un environnement que nous souhaitons propre et sain.

Ma responsabilité en tant qu'homme et skipper est de faire passer ce message et d'éduquer les plus jeunes.


Amicalement





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